mercredi 23 novembre 2011

Des saturnales à la fête chrétienne





Pour comprendre les origines de Noël et de toutes les fêtes qui précèdent Noël, il faut remonter aux temps anciens jusqu'à l'époque romaine.

Vous l'aurez compris, les différents peuples étaient marqués par le déclin du soleil qui caractérise les derniers mois de l'année. Du soleil dépend la culture, donc la nourriture, la chaleur et le bien être. Depuis la nuit des temps, les rites de remerciements et de sacrifices sont célébrés aux solstices d'été et d'hiver. Le solstice d'hiver est important car c'est la période de l'année où les journées commencent enfin à être plus longues. Déjà avant l'époque romaine, des fêtes avaient lieu à cette période dont le but était de redonner courage et espoir au peuple effrayé par les sols gelés, l'absence de vie et l'obscurité.

Les saturnalesLes romains invoquaient Saturne, dieu des semailles et de l'agriculture, dont le nom vient du verbe latin Severe (semer). Sa fête, "les saturnales", donnait lieu à des réjouissances du 17 au 24 décembre.
On disait qu'elles s'étendaient jusqu'aux calendes de janvier, le jour de l'An romain. Les calendes désignaient, chez les Romains, le premier jour de chaque mois.

Au départ les Saturnales avaient lieu à l'occasion des semailles, mais cette tradition se perdit avec le temps. Cette célébration servit peu à peu à justifier toutes sortes de réjouissances effrénées, de fêtes et d'orgies. Le peuple dansait, jouait et les rois et donnaient des repas aux esclaves. Les hommes se déguisaient en femmes pour jouer des saynetes. Il régnait une ambiance généreuse, comme pour les fêtes de Noël actuelles. On offrait des cadeaux, des porte-bonheur, du miel, des gâteaux, de l'or. On décoraient les maisons avec du lierre, des branches de houx et de gui et tout travail, à part celui de la cuisinière et du banquier, était interdit.





Ces festivités païennes entravairent pendant longtemps la propagation du christianisme.

Les peuples nordiques de leur côté célébraient Njord, dieu de la fécondité et Idun, gardienne "des pommes de providence", nourriture des dieux.

Les orientaux rendaient un culte à Mithra, divinité de la lumière, de la chasteté et de la pureté.
Il combattait les forces maléfiques. Au IIe et IIIe siècles av. J. C., son culte fut répandu dans tout l'Empire romain et l'empereur Aurélien en fit même la religion d'Etat. Les soldats romains, dont bon nombre vénéraient Mithra, furent les ambassadeurs de cette religion qu'ils répandirent jusque dans les provinces les plus éloignées de l'Empire.

La propagation de la chrétienté au sein de l'Empire romain était donc menacée par les fêtes paÏennes des Saturnales et par le culte de Mithra.





Au 4e siècle, pour enrayer ce culte païen, l'Eglise chrétienne prit une mesure très astucieuse. La fête de la naissance du Christ fut avancée du 6 janvier au 25 décembre pendant le solstice d'hiver. Le 25 décembre était la fête la plus importante de l'an mithraïen : on fêtait la renaissance du "sol invinctus" (dieu invaincu). L'Eglise n'hésita pas à déclarer le Christ "sol invinctus". Les chrétiens procédèrent de la même manière au cours de l'évangélisation d'autres peuples : la fête de Noël fut transférée aux jours de fêtes païens importants, tels que la fête de Jul chez les germains. L'objectif restait le même : faciliter le passage de la coutume païenne à la foi chrétienne.

Pour faciliter ce changement, les autorités ecclésiastiques décidèrent de s'appuyer les rites paiens existants. Il ne fut pas difficile, de créer un lien entre le houx aux feuilles piquantes et la couronne d'épines du Christ par exemple. Au lieu d'interdire les saynetes très appréciées du peuple, l'Eglise tenta de les remplacer par des tableaux vivants qui avaient pour thème principal la naissance du Sauveur selon les données des Evangiles de Matthieu et de Luc qui devinrent les crèches vivantes que nous connaissons aujourd'hui.

Les crèches vivantes étaient répandues dans les régions alpines. Les santons de Provence sont issus de cette tradition et apparurent au XVIIIe siècle. Les personnages étaient façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et au vernis.

Au VIe siècle, le pape Grégoire envoya Augustin sur les îles britanniques pour évangéliser la population anglo-saxonne. Il donna l'ordre aux moines d'intégrer les cérémonies chrétiennes dans la tradition des païens afin que les mutations ne les effraient pas trop.

Avec la propagation du christianisme, la fête de Noël commença aussi à jouer un rôle de plus en plus important dans la vie politique des peuples européens. Suite à l'écroulement de l'administration romaine et du système de transport, la communication entre les souverains se fit de plus en plus rare. Ainsi, Noël, devint l'une des rares occasions pour les princes de se rencontrer. Dans l'Europe entière, les rois chrétiens se faisaient couronner ce jour là, tel Charlemagne, Roi des Francs, qui fut nommé Empereur du Saint Empire romain, par le pape, le jour de Noël de l'an 800. Ces couronnements donnaient l'occasion d'organiser de grandes fêtes avec des banquets où l'on mangeait et buvait en excès.

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